Contexte
La mortalité maternelle estimée à 408 décès maternels pour 100 000 Naissances vivantes en 2021 demeure un problème majeur de santé publique à Madagascar. Elle est liée, entre autres, aux complications des avortements à risque qui surviennent lorsque les grossesses ne sont pas désirées ni planifiée faute d’accès aux méthodes contraceptives. La situation est particulièrement préoccupante chez les adolescentes et certaines femmes vulnérables.
Pour y faire face, le Ministère de la santé publique a initié un processus consultatif permettant de mieux cerner les problématiques et de trouver les stratégies innovantes et contextualisées pour améliorer la santé sexuelle et reproductive (SSR) à Madagascar.
Dans cette optique, une évaluation stratégique nationale cadrant dans le modèle d’approche stratégique proposée par l’OMS a été menée. Elle met en évidence des lacunes majeures mais aussi les besoins et priorités en matière d’accès aux services de contraception, de qualité des services offerts pendant les grossesses à risque et de soins après un avortement (SAA).
2. Problématique
- Près de 43% des femmes en union utilisent une méthode moderne (objectif national : 60% d’ici 2030). Cependant, 15% des femmes mariées ont un besoin non satisfait en contraception (objectif : 8% en 2030). Ce besoin passe à 27% chez les mères célibataires sexuellement actives,
- Le taux de fécondité des adolescentes est extrêmement élevé avec 143 enfants nés vivants pour 1 000 filles de 15–19 ans.
- Les accouchements assistés par du personnel qualifié sont de l’ordre de 46%
- Près de 46 à 63% des grossesses non désirées aboutissent à un avortement, souvent clandestin et à risque.
- Les adolescentes (15–19 ans) représentent 17% des décès maternels, avec une proportion estimée à 9% qui est attribuable aux complications d’avortement.
3. Résultats clés
A. Grossesses non désirées
- Situation : Très fréquentes chez les adolescentes (14–19 ans),
- Obstacles identifiés :
- absence d’éducation sexuelle associée à un faible accès à la contraception
- violence sexuelle (viol, inceste),
- mariages précoces (ex. pratiques comme valy fofo),
- pauvreté poussant à des relations transactionnelles.
- Conséquences : abandon scolaire, stigmatisation, précarité, avortements clandestins.
B. Contraception
- Situation : Bonne connaissance des méthodes mais faible utilisation effective.
- Obstacles identifiés :
- Ruptures de stock chroniques dans les CSB.
- Éloignement géographique et coût du transport.
- Rumeurs et craintes d’effets secondaires.
- Refus conjugal et normes sociales restrictives.
- Faible intégration des services PF dans les soins post-partum et SAA.
- Manque de counseling de qualité.
Conséquences : besoins non satisfaits, grossesses non planifiées et à risque, problèmes socio-économiques
C. Soins après avortement (SAA)
- Situation : Pratique courante de l’avortement clandestin, Faible qualité des SAA au niveau des structures sanitaires et réalisation des SAA dans de mauvaises conditions voire dans la clandestinité
- Obstacles identifiés :
- Accès très inégal selon les régions et niveaux de structure.
- Infrastructures vetustes et équipements insuffisants
- Prise en charge souvent limitée au traitement d’urgence
- Peu d’intégration de la Planification Familiale après avortement.
- Faible standardisation des pratiques.
- Manque de formation sur l’Aspiration Manuelle Intra Utérine (AMIU) et la gestion clinique des complications.
- Conséquence : complications hémorragiques, stérilité secondaire, décès maternels,
