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Rapport final d’évaluation stratégique nationale pour explorer les besoins et les priorités en matière de contraception, de grossesse non planifiées et de soins après avortement à Madagascar

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Rapport final d’évaluation stratégique nationale pour explorer les besoins et les priorités en matière de contraception, de grossesse non planifiées et de soins après avortement à Madagascar

Author

Ministère de la Santé Publique - UNFPA Madagascar - OMS Madagascar

Nombre de pages

74

Publication 

Rapport final d’évaluation stratégique nationale pour explorer les besoins et les priorités en matière de contraception, de grossesse non planifiées et de soins après avortement à Madagascar

Date de publication

23 Mars 2026

Contexte

La mortalité maternelle estimée à 408 décès maternels pour 100 000 Naissances vivantes en 2021 demeure un problème majeur de santé publique à Madagascar. Elle est liée, entre autres, aux complications des avortements à risque qui surviennent lorsque les grossesses ne sont pas désirées ni planifiée faute d’accès aux méthodes contraceptives. La situation est particulièrement préoccupante chez les adolescentes et certaines femmes vulnérables.

Pour y faire face, le Ministère de la santé publique a initié un processus consultatif permettant de mieux cerner les problématiques et de trouver les stratégies innovantes et contextualisées pour améliorer la santé sexuelle et reproductive (SSR) à Madagascar.

Dans cette optique, une évaluation stratégique nationale cadrant dans le modèle d’approche stratégique proposée par l’OMS a été menée. Elle met en évidence des lacunes majeures mais aussi les besoins et priorités en matière d’accès aux services de contraception, de qualité des services offerts pendant les grossesses à risque et de soins après un avortement (SAA).

2. Problématique

  • Près de 43% des femmes en union utilisent une méthode moderne (objectif national : 60% d’ici 2030). Cependant, 15% des femmes mariées ont un besoin non satisfait en contraception (objectif : 8% en 2030). Ce besoin passe à 27% chez les mères célibataires sexuellement actives, 
  • Le taux de fécondité des adolescentes est extrêmement élevé avec 143 enfants nés vivants pour 1 000 filles de 15–19 ans.
  • Les accouchements assistés par du personnel qualifié sont de l’ordre de 46%
  • Près de 46 à 63% des grossesses non désirées aboutissent à un avortement, souvent clandestin et à risque.
  • Les adolescentes (15–19 ans) représentent 17% des décès maternels, avec une proportion estimée à 9% qui est attribuable aux complications d’avortement.

3. Résultats clés

A. Grossesses non désirées

  • Situation : Très fréquentes chez les adolescentes (14–19 ans), 
  • Obstacles identifiés :
    • absence d’éducation sexuelle associée à un faible accès à la contraception
    • violence sexuelle (viol, inceste),
    • mariages précoces (ex. pratiques comme valy fofo),
    • pauvreté poussant à des relations transactionnelles.
  • Conséquences : abandon scolaire, stigmatisation, précarité, avortements clandestins.

 

B. Contraception

  • Situation : Bonne connaissance des méthodes mais faible utilisation effective.
  • Obstacles identifiés :
    • Ruptures de stock chroniques dans les CSB.
    • Éloignement géographique et coût du transport.
    • Rumeurs et craintes d’effets secondaires.
    • Refus conjugal et normes sociales restrictives.
    • Faible intégration des services PF dans les soins post-partum et SAA.
    • Manque de counseling de qualité.

Conséquences : besoins non satisfaits, grossesses non planifiées et à risque, problèmes socio-économiques

C. Soins après avortement (SAA)

  • Situation : Pratique courante de l’avortement clandestin, Faible qualité des SAA au niveau des structures sanitaires et réalisation des SAA dans de mauvaises conditions voire dans la clandestinité
  • Obstacles identifiés : 
    • Accès très inégal selon les régions et niveaux de structure.
    • Infrastructures vetustes et équipements insuffisants
    • Prise en charge souvent limitée au traitement d’urgence
    • Peu d’intégration de la Planification Familiale après avortement.
    • Faible standardisation des pratiques.
    • Manque de formation sur l’Aspiration Manuelle Intra Utérine (AMIU) et la gestion clinique des complications.
  • Conséquence : complications hémorragiques, stérilité secondaire, décès maternels,