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“Je vais adopter une méthode contraceptive, je reprends ma vie en main”

“Dès qu’il a su que j’étais enceinte, il est parti !” C’était la première phrase que Heventsoa a partagée avec nous non sans rage. 

 

“Tout a commencé quand j’avais 15 ans, un garçon m’a abordée et j’en suis tombée amoureuse. En quelques semaines de relation, nous avons eu des rapports sexuels. Et le premier m’a été fatal. Je suis tombée enceinte.” A cette période, Heventsoa ne savait pas ce que c’était que la planification familiale. Pour elle, c’était une affaire d’adultes, des instructions que donnaient les maris ou les belles-familles.

 

Vivant dans la commune rurale de Marotsiraka, dans le district d’Amboasary, elle a eu une grossesse sans problème, suivie par une matrone.

 

Par contre, le jour de l’accouchement, après plus de 20 heures de travail, le bébé n’arrivait pas à sortir. La famille décida alors d’aller vers le centre hospitalier de référence régional le plus proche, qui se trouve à Ambovombe. Un voyage de 5 heures de route et l’insécurité séparent Heventsoa de cet hôpital. Après cette tentative d’accouchement par voie basse, elle a dû subir une césarienne d’urgence pour sauver sa vie, et malheureusement elle a perdu son bébé. Sa vie a été sauvée in extremis mais elle s’en est sortie avec une fistule obstétricale due à ce long travail.

 

Heventsoa a maintenant 16 ans, elle fait partie des femmes qui bénéficient de la campagne de réparation de la fistule obstétricale à Ambovombe, dans le grand Sud de Madagascar.  C’est le médecin qui a réalisé la césarienne, 6 mois auparavant qui l’a recherchée dès qu’il a su qu’une nouvelle campagne allait avoir lieu.

 

“S’il vous plaît mes chères soeurs, adoptez une méthode de planification familiale, ça peut sauver votre vie”.

 

Heventsoa a un seul message pour les jeunes filles, “S’il vous plaît mes chères soeurs, adoptez une méthode de planification familiale, ça peut sauver votre vie”. Si elle l’avait su avant, elle n’aurait pas hésité à en adopter nous confie-t-elle. Impatiente d’assister à son rendez-vous programmé avec la sage-femme pour en adopter une après sa réparation, elle a décidé de reprendre sa vie en main.

 

Cette campagne cible la réparation de 120 femmes au sein du Centre hospitalier de Référence Régionale Monja Jaona à Ambovombe et fait partie des activités du programme TOLISABO II financé par le peuple Japonais, en partenariat avec le Ministère de la Santé Publique, l’ONG ASOS et UNFPA.

 

A Madagascar, la majorité des victimes de fistule obstétricale est constituée de jeunes filles non scolarisées de 14 à 17 ans vivant dans les zones rurales.