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Dénonçons les violences, plus particulièrement faites à l’endroit des filles !

Marovavy âgée de 16 ans travaillait dans un Bar dans la Région Boeny depuis 2 ans. Étant orpheline et ne pouvant plus terminer l’école primaire à cause de la difficulté de la vie, Marovavy a quitté sa ville natale de Manakara pour trouver du travail dans la Région. « J’ai ainsi trouvé un travail en tant que serveuse dans un bar mais depuis ces années de service, je n’ai été payée que pendant les trois mois à compter de mon arrivée … J’ai dû rester car je n’avais nulle part où aller et que là au moins, je pouvais manger trois fois par jour et un lit pour dormir la nuit ».

"J’ai dû rester car je n’avais nulle part où aller et que là au moins, je pouvais manger trois fois par jour et un lit pour dormir la nuit ».

Mais le non-paiement de salaire n’était pas le seul problème de Marovavy, « Mon patron déjà très âgé, n’arrêtait pas de me faire des avances, de me toucher quelques fois les fesses quand il m’arrive d’être seule avec lui. Bien sûr j’essaie toujours de l’éviter mais il me faisait toujours du chantage : si je n’acceptais pas de coucher avec lui, je ne serai pas payée ». Malgré tout cela, Marovavy a vécu dans le silence face à ces harcèlements.

Le mois de Mars 2020, son patron profité de l’absence de son épouse et l’avait agressivement violée dans le bar après la fermeture à 21 heures. « J’ai essayé de crier, de le repousser mais il était très fort. Je ne m’en souviens plus très bien car j’étais fatiguée et à bout de souffle mais je crois qu’il m’a violée deux ou trois fois dans la nuit » raconte Marovavy

"’étais fatiguée et à bout de souffle mais je crois qu’il m’a violée deux ou trois fois dans la nuit "

« J’ai finalement pu m’enfuir dans la nuit, je ne savais plus à quelle heure c’était mais j’ai juste couru autant que j’ai pu ». Elle a été arrêtée par les agents de l’Andrimasom-pokonolona (comité de vigilance au sein de la communauté) vu le couvre-feu. Ces derniers l’avaient ramenée au Centre d’Écoute et de Conseil Juridique (CECJ) le lendemain. L’expertise médicale a tout de suite été prise en charge auprès du centre de santé annexé au centre. Elle était ensuite placée au centre d’accueil d’urgence intégré au CECJ car elle n’avait nulle part où aller. Le CECJ s’est occupé de sa prise en charge psychosociale et juridique.

La dénonciation du cas de Marovavy auprès de CECJ, a délié les langues et beaucoup de signalements à l’encontre de cet agresseur sont arrivés auprès du fokontany et des du centre. Le patron agresseur a fait ses aveux durant l’enquête judiciaire et a accepté ainsi de payer les rémunérations non payées, il a été directement mis sous mandat de dépôt par l’Adjoint du Procureur chargé des affaires des mineures.

Les examens qui ont été fait sur Marovavy quelques semaines plus tard ont révélé qu’elle était enceinte. L’annonce de cette nouvelle a amplifié le traumatisme de la jeune fille.  Encore placée actuellement au centre d’accueil en attente de sa réintégration familiale et ou professionnelle, Marovavy y reçoit également des soutiens psychologiques.  

Le CECJ dans la Région Boeny appuyé par UNFPA Madagacar a accompagné Marovavy dans la prise en charge ainsi que les processus de dénonciation compte tenu du fait qu’elle n’avait personne sur qui compter.