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Leur vie a changé, elles en témoignent: Lilly, d'Ampanihy, dans le Grand Sud de Madagascar

Lilly nous invite dans sa modeste une pièce. Âgée de 38 ans, mère de 3 enfants de 22, 18 et 15 ans, et abandonnée par son mari depuis 3 ans, elle vit de petits métiers allant de la vente de friperie à la couture et raccommodage de vêtements depuis six mois suite à la formation qu’elle a reçue à Tuléar en mars 2021. À en croire son récit, elle constate une nette amélioration de sa condition de vie depuis qu’elle s’est mise à cette activité.

Auparavant, elle était mère au foyer. Il arrivait que Lilly et ses enfants ne mangeaient pas dans la journée. La petite famille de quatre personnes attendait que l’aîné des enfants arrive à rapporter un peu d’argent de la ville pour pouvoir s’acheter de l’eau ou à manger.

Vivant en communauté, Lilly a entendu dans les conversations entre voisins l’existence d’un Centre d’écoute et de conseils juridiques (CECJ) pouvant apporter des solutions aux femmes ayant des problèmes. Sa décision ne s’est pas faite attendre, elle n'a pas hésité à rejoindre le Centre et a rencontré Madame Miora, une des intervenantes sociales du Centre.

Les conseils psychosociaux prodigués par les intervenantes sociales du Centre l’encourageant à se prendre en main, à travailler et à affronter la vie pour l’avenir de ses enfants lui ont permis d’appréhender la vie sous un autre angle et de devenir une femme responsable, forte et épanouie. Elle a été sélectionnée pour suivre la formation en coupe et couture organisée par le Centre et qui s’est tenue à Tuléar.

À l’issue de cette formation, Lilly s’est mise à la couture de sacs, de trousses, et de masques lavables qui lui a permis de faire des économies et de mieux subvenir à ses besoins et à ceux de ses enfants. Alors que la COVID s’était estompée, les matières premières pour les sacs restent introuvables dans ce district. Bien que la demande soit importante, elle s’est mise au raccommodage et retaillage de vêtements et a ajouté son activité de vente de friperie dans la mesure où la population ne s’intéresse plus aux vêtements sur mesure qui lui coûte cher compte tenu de la situation de sècheresse et de manque d’emploi. Certes, ses revenus ont diminué mais ils lui permettent encore d’assurer ses priorités quotidiennes à savoir sa nourriture, l’achat des bidons d’eau (500 Ar le bidon de 20 litres) à prioriser entre l’hygiène et la cuisson des repas, et la scolarité de ses enfants. Questionnée sur sa vie actuelle de femme active ou celle où elle était femme au foyer, Lilly nous répond sans hésitation et avec un large sourire « Oh je préfère de loin ma vie actuelle !».

Lilly espère un jour ouvrir sa propre boutique de vêtements et compte pousser ses enfants à finir leurs études. En parallèle, Lilly encourage les femmes de son district à travailler pour devenir financièrement autonome et ne plus dépendre des hommes, « si jamais elles font face à des violences, je les accompagne au CECJ pour connaître leurs droits et pour trouver des solutions », nous confie-t-elle.